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Projet ANR URFé

Aménagement de l’espace URbain et mobilités à Faible impact Environnemental


La difficulté à faire évoluer le système de mobilité dans le sens d’une réduction drastique de ses impacts environnementaux fait partie des problèmes contemporains non résolus. Le développement des transports collectifs (TC) et son couplage avec la planification urbaine ne peuvent à eux seuls répondre à cet enjeu. Considérant les difficultés de prise en charge par les TC de certains besoins de mobilité, certains auteurs (Orfeuil, 2014 ; Mignot, 2008) appellent à repenser les modes de déplacement individuels, et à étudier le développement potentiel de petits  véhicules urbains à faible coût, de masse réduite et à moteur électrique. Dans ce contexte, on assiste aussi au développement de ce que l’on peut appeler des modes de déplacement individuels à faible impact environnemental, c’est-à-dire (si l’on met à part la marche) les modes recourant à des engins légers non motorisés ou à moteur électrique de faible puissance : vélos, VAE (vélos à assistance électrique), trottinettes électriques et engins similaires. Cette évolution est en partie encouragée par les politiques publiques – concernant les cycles – et résulte pour une autre part de l’émergence d’un marché et d’opérateurs privés (trottinettes…). S’il ne représente qu’une contribution parmi d’autres à la réduction des impacts environnementaux de la mobilité, le développement de ces modes est un fait, et l’étude des conditions et potentialités de ce développement reste nécessaire.

Objectifs, hypothèses et méthodologie

Le projet URfé traite de l’hospitalité de l’espace urbain vis-à-vis des nouvelles formes de mobilité liées au développement des modes à faible impact environnemental (vélos, VAE, trottinettes électriques, et autres engins similaires…), qui est confronté à divers obstacles :

  • des problèmes de sécurité persistants,
  • l’inadéquation des dispositifs destinés à ces modes dans la planification et la conception urbaine,
  • les difficultés d’adaptation des acteurs publics aux changements rapides liés à l’irruption de nouveaux objets techniques et au rôle croissant des acteurs privés.

Ce projet vise à mieux comprendre ces obstacles et les moyens de les surmonter, par des études de terrain, l’analyse approfondie de cas d’accidents, des enquêtes fouillées auprès des usagers (sur leurs pratiques, besoins et aspirations) et auprès des acteurs publics de l’aménagement urbain, dans le cadre d’analyses spatialisées accordant une large place aux spécificités des territoires étudiés : les Métropoles de Marseille, Lyon, Strasbourg et l’Agglomération de Lausanne.

Notre principale hypothèse est que ces différents obstacles témoignent d’un hiatus entre d’une part d’une part le développement réel des pratiques et des besoins des utilisateurs de cette mobilité individuelle légère, et d’autre part la façon d’aménager le territoire par les acteurs publics.

Le projet URFé est découpé en trois volets interreliés :

  • Le volet 1 s’intéresse aux acteurs individuels s’orientant vers les modes de déplacements légers à faible impact environnemental, à leurs pratiques, à leurs représentations, mais aussi à leurs aspirations.
  • Le volet 2 interroge ensuite le « potentiel d’accueil » du territoire (Kaufmann, 2014), en particulier dans ses dimensions relatives à l’espace public, aux réseaux et systèmes de transport, à l’intermodalité, à l’ergonomie spatiale et à l’accessibilité des ressources et des différentes parties du territoire, vis-à-vis des pratiques et aspirations des habitants s’orientant vers ces modes de déplacement.
  • Le volet 3 s’intéresse enfin au rôle que peuvent tenir les acteurs collectifs publics pour infléchir ce potentiel d’accueil, dans le sens d’un territoire plus hospitalier vis-à-vis des pratiques, des modes de vie, des attentes et aspirations de ces habitants, favorisant ainsi la contribution de ces formes de mobilité à un développement plus soutenable.


Bibliographie

Kaufmann V. (2014). Retour sur la ville, Lausanne, Presses polytechniques et universitaires romandes (Espace en société).
Mignot D. (2008). Infrastructures de transport : investir dans les banlieues et les espaces périphériques ? Pouvoirs locaux, 76, 67-72.
Orfeuil JP (2014). Quelles villes et quelles mobilités au service des dynamiques productives contemporaines, Responsabilité & Envir., 75, 40-45.
Reigner H., Brenac T. (2019). Safe, sustainable, but […]–A critical view of urban transport policies in France, Transp. Research Part A, 121, 218-234.

 

Thèses associées pour TS2-LMA

Pierre-Jean PILLONNET : Les espaces publics équipés d’aménagements cyclables : entre complexité des processus de conception et difficultés d’usages / Bourse Univ. Gustave Eiffel – Région Sud / 2020-2023

Yannis NADJI : Approche multiscalaire des modes actifs dans la Métropole d’Aix-Marseille Provence : méthodes pour l’analyse des pratiques et pour l’action / Bourse CIFRE Métropole AMP – Univ. Gustave Eiffel / 2020-2023


 

Financement : ANR AAPG 2020

Durée du projet : 42 mois

Responsable scientifique : Frédérique Hernandez, TS2-LMA, Univ. Gustave Eiffel

Consortium : TS2-LMA (Univ. Gustave Eiffel), UMR LIVE (Univ. de Strasbourg), EA LIEU (Aix-Marseille Université), UMR IDEES-Caen (Univ. Caen Normandie), Cerema Nord-Picardie, IGD (Univ. de Lausanne).

Contacts :
Frédérique Hernandez
Nicolas Clabaux
Marie-Caude Montel